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Australian Open : Les 5 leçons du tournoi

18 mars 2021

Le premier grand chelem de l’année s’annonçait vachement perturbé suite à la préparation tronquée par le coronavirus. On a pas été déçus. Si le nom des deux vainqueurs principaux n’a rien de surprenant, le tournoi australien nous a offert des scènes qu’on aurait jamais cru voir. Dans ce chaos, certains Belges ont su aller au bout d’eux-mêmes et… au bout du tournoi, carrément.

On dit souvent que les champions se révèlent dans l’adversité. A ce petit jeu, Novak Djokovic et Naomi Osaka, les deux gagnants du tournoi de simple ont montré qu’ils étaient salement au-dessus. Mais petite pensée quand même pour tous les autres joueurs dédiés à leur sport, à ceux qui se sont mangés le décalage horaire et les jours de quarantaine enfermés à l’hôtel pour finalement gagner quatre petits jeux au premier tour et faire leur valise. Eux aussi méritent du respect sur leur nom.

5. Des conditions jamais vues

Cette année, frapper quelques balles sur le terrain aura été une véritable délivrance. Ça parait con, dit comme ça, mais avant de penser tennis, les joueurs en ont vu de toutes les couleurs. 72 d’entre eux n’ont tout simplement pas pu sortir de leur chambre d’hôtel après qu’ils aient été déclarés « cas contacts ». Le reste s’en tire à peine mieux avec des horaires d’entraînement très restreints. Les chambres d’hôtel ont donc été transformées en salles de remise en forme. On n’imagine même pas à quoi elles ressemblent une fois les joueurs partis.

Avant le tournoi et même pendant, il n’était pas rare de voir des joueurs sortir sur leur balcon et de s’amuser à distance avec leurs fans

Même avec les spectateurs, l’organisation aura été foireuse. Tolérés les premiers jours, reconfinés ensuite avant de pouvoir revenir à partir des demis, ils ont carrément halluciné quand la sécurité les a forcé à évacuer le stade juste avant le set décisif entre Djokovic et Fritz pour respecter le couvre-feu local.

4. Les joueurs sont à bout

Résultat de cette préparation douteuse : les joueurs sont au bout du rouleau. Physiquement, beaucoup sont apparus en manque de rythme et très vite fragilisés par des blessures. Entre le dos de Nadal, les abdos de Berrettini ou de Djoko, chaque journée a connu son lot de suspense quant aux bobos les plus divers. Mentalement, aussi, certains sont au bord du gouffre. Les craquages ont beau arriver souvent, voir des champions comme Serena Williams, Gael Monfils ou Sofia Kenin complètement s’effondrer en conférence de presse, ça fout un choc.

Gael Monfils n’a plus gagné le moindre match sur le circuit depuis février 2020, soit plus d’un an

3. Djokovic se rapproche des sommets

De son côté, Novak Djokovic a une nouvelle fois roulé sur le tournoi (pour la neuvième fois) après une démonstration finale face à un Daniil Medvedev un peu décevant dans son rôle de leader de la next gen. Djoko était très clairement venu en mission pour remporter son 18e grand chelem, et revenir ainsi à deux longueurs de Nadal et Federer. Le Serbe a dû mordre sur sa chique à partir de son troisième tour face à Taylor Fritz, où il s’est occasionné une déchirure aux abdos. Accusé de faire son show pour rien, il n’aura pas regagné le cœur de ceux qui l’accusent de jouer la comédie. Haters gonna hate.

Sa victoire contre Milos Raonic en huitième de finale est également sa 300e en grand chelem, un chiffre assez ouf mais encore loin des 362 de Roger Federer

2. Osaka confirme

Chez les femmes aussi, c’est la favorite qui a écrasé la concurrence. Petit à petit, le circuit féminin, très imprévisible ces dernières années, commence à se trouver une nouvelle patronne avec Naomi Osaka. La Japonaise de 23 ans en est déjà à son quatrième grand chelem et continue de progresser, notamment mentalement. Son seul set perdu du tournoi a donné lieu à un gros combat contre Muguruza en huitièmes, la preuve que les coups de mou qu’elle pouvait connaître par le passé sont plus facilement surmontés. Ton trône t’attend, Naomi.

8/8

Lorsqu’elle arrive en demi-finale d’un grand chelem, Osaka est en mode machine : elle a remporté tous ses matchs disputés à partir de ce stade de la compétition. Propre.

1. Deux Belges sacrés

Coté belge, le tournoi avait plutôt mal commencé. Les éliminations précoces de David Goffin (en ayant loupé quatre balles de match face à Popyrin) et d’Elise Mertens avaient clairement plombé l’ambiance. Mais Mertens s’est rattrapée en remportant le tournoi de double avec Aryna Sabalenka, sa partenaire biélorusse. Et le mieux, c’est que ce n’est pas la seule Belge à avoir inscrit son nom au palmarès puisque Joachim Gérard a également remporté la catégorie de simple en fauteuil roulant. Chapeau bas.

Si Elise Mertens avait déjà gagné l’US Open en double, c’est une grande première pour Joachim Gérard

Le premier grand chelem de l’année a donc livré tous ses verdicts mais la saison ne fait que commencer et nous offrira sûrement du lourd. Pour l’heure, la principale préoccupation est de savoir comment se déroulera le restant de la saison avec la situation sanitaire dans les différents pays qui organisent les tournois.